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 Histoire de la fauconnerie

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Victoire.

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Localisation : Lyon
Date d'inscription : 16/10/2011

MessageSujet: Histoire de la fauconnerie   Ven 14 Fév 2014 - 12:43

Tugdual_de_Joncheray a écrit:
Spoiler:
 

Citation :




Histoire de la fauconnerie

Son origine se perd dans la nuit des temps mais elle est probablement née en Orient aux environs de 2000 avant J-C. Le mode de vie nomade des peuples d’Asie convenait sans doute à la fauconnerie, et  l’usage d’aigles ou de faucons a bientôt dû se révéler une manière plus efficace de se procurer de la viande que par les armes primitives de cette époque. Voilà comment est née la fauconnerie et comment elle s’est répandue sur tout le continent asiatique.

La fauconnerie atteignit l’Europe par la Méditerranée vers 400 de notre ère. Au VIe siècle, cette activité est devenue partie intégrante de la vie des tribus germaniques. La loi germanique protégeait même les nids et les arbres qui en portaient. La période entre 500 et 1600 a vu l’apogée de ce sport florissant dans les sociétés féodales de la chrétienté européenne et islamique.

Le rang social décidait de l’oiseau que l’on pouvait employer. L’aigle pour l’empereur, le gerfaut pour le roi jusqu’au crécerelle pour l'artisan. Les rois de France et d’Angleterre, les tsars de Russie et les empereurs romains entretirent durant des siècles de vastes établissements de fauconnerie.

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Dernière édition par Victoire. le Ven 14 Fév 2014 - 17:41, édité 5 fois
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Victoire.

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Localisation : Lyon
Date d'inscription : 16/10/2011

MessageSujet: Re: Histoire de la fauconnerie   Ven 14 Fév 2014 - 12:44

Tugdual_de_Joncheray a écrit:
Citation :
Historique de la fauconnerie

La fauconnerie est un art plusieurs fois millénaire.

Cette tradition est née certainement en Eurasie.
À son origine sur les hauts plateaux d'Asie Centrale, dans des régions où, maintenant encore, se rencontre la plus grande concentration naturelle d'oiseaux de proie aptes à être affaités (dressés). Les Kirghizes, nomades et chasseurs, pourraient avoir été jadis les premiers fauconniers.

En Europe

Il est dit que Ulysse, après Troie, a apporté cette chasse en Grèce ; que les Turc ont appris aux Perses, puis les Perses aux Arabes, cette tradition de chasse.
Mais l’apparition de cette chasse en Europe a du être importée par les grandes migrations et les échanges entre les populations.
D'une part la route du nord : Asie, Eurasie, Germanie, Europe occidentale
D'autre part par la route du sud: Asie, Eurasie, Perse, Golfe Persique, Bassin Méditerranéen, Afrique du nord, péninsule Ibérique, Europe

Dans l’antiquité on se rappelle de Cléopâtre et ses deux faucons.

L'historien grec Ctesias mentionne l'utilisation de l'aigle au nord de l’Inde.

C’est avec les grands bouleversements du début du Moyen Age que l’on voit apparaître et prendre son essor la chasse au vol.
Cette tradition d'abord coutumière va rapidement faire l'objet d’une passion dévorante dans les couches sociales les plus hautes de la féodalité.

Frédéric II, empereur romano-germain (IV siècle) écrira un traité sur l'affaitage des oiseaux de proie. Ce "traité" sera usité et tenu en référence fort longtemps , « De arte venandi cum avibus » , comme le traité des « Moamin » , traité arabe de renom.

Avec les échanges économiques, politiques, les guerres ; les invasions, tout l’art de la fauconnerie va s'ancrer dans le monde occidental, et surtout dans de nombreux pays et devenir privilège.

On pense que cette tradition coutumière s'est ancrée en France sous Clovis, mais c'est Charlemagne (748-814) pourtant souverain soucieux de l'émancipation de ses sujets qui a interdit sur presque la totalité du royaume cette chasse pour la laisser aux plus nobles de ses sujets. Il commencera donc à en faire privilège.


Nous sommes au VIII éme siècle et dés lors la chasse au vol va devenir au fil du temps un privilège de plus en plus convoité. Les seigneurs de toutes provinces vont s'adonner à cette chasse, certains deviendront de grands fauconniers ou comme les plus argentés ils emploieront des gens fort bien payés pour quérir des rapaces en pays du nord ou en Ecosse.

Alors que la tradition grandit, les privilèges aussi, si bien que lors de la 2 éme croisade (1147) Louis VII et ses Chevaliers avaient faucons aux poings lors de leur départ.
C'est aussi avec le retour des ordres monastiques guerriers des croisades que cette science revient avec des oiseaux d'orient : le faucon sacre ou faucon sacré de Jérusalem fort employé par les arabes, les laniers aussi ainsi que les pèlerins.

Ordres monastiques et fauconnerie

Les ordres de chevalerie créés à partir du XIIe siècle, avaient une approche différente de la pratique de la chasse.
Au sein de l'ordre du Temple, la fauconnerie était interdite.
Par contre c'était la seule méthode de chasse autorisée au sein de l'ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem, alors que les chevaliers teutoniques avaient droit à toutes formes de chasse.

En France

~ En Bourgogne quiconque était accusé de vol d'un faucon devait payer de sa chair soit 6 onces (184 gr pris sur lui et donné en pâture aux oiseaux)

Au 12 éme siècle un texte décrit ce que doit être l'oiseau et son fauconnier
Le Gerfaut pour le roi,
Le sacre pour le duc,
L Éléonore pour la dame,
Le Crécerelle pour damoiselle
Suivant notre rang il doit être possédés des oiseaux de proie digne de nous ;


Philippe auguste (1165-1225) était de ceux qui connaissaient tout l art de la chasse au vol et il entretenait lui-même plusieurs faucons de son équipage

Saint louis (1214- 1270) roi de France place jean de Beaune à la charge de grand fauconnier du roi avec charge et émolument ; il est alors le cinquième personnage du royaume avant même les représentants de l église.

La technique s'affine peu à peu, grâce en particulier à l'usage du leurre et du chaperon rapportés d'Orient par les croisés en 1247, mais il existe depuis le IXeme siecle. On en trouve des traces en asie et au moyen orient.

Philippe le bel (1270 – 1314) va fonder la première administration de chasse chargée de prélever taxes.

Charles le bel (1294 – 1328) va être très généreux avec Etienne de Montguyard son grand fauconnier en lui octroyant 5 sols parisis par jour plus 12 livres 10 sols par an pour manteaux à prélever sur la prévôté d’Orléans.


Peu à peu le haut vol devient réservé aux rois et à la noblesse qui le pratiquent comme passe temps, avec des faucons Gerfauts, Sacres et Laniers comme principaux oiseaux .

Le bas vol lui est pratiqué par des chasseurs plus défavorisés, voire pauvres et permettent à certains d'améliorer le maigre repas quotidien.

Les fauconniers des grands seigneurs rivalisent de luxe et d’oiseaux de prestige, de fortes sommes sont engagées pour avoir des équipages adaptés à chaque type de vol :
- pour le héron / trois gerfauts de préférence trois hommes à pied et un chien d’oiselle.
- pour le vol de rivière (canard, etc.) / pèlerin et sacre lui sont créancés.
- la corneille / le pèlerin pour sa rapidité.
- le connin (lapin) / par autour et faucons de grandes tailles.
- la grive / par trois émerillons ou crécerelles.

Avoir un équipage qui suit en toute chasse est un privilège que seuls les grands seigneurs peuvent entretenir ; faire cadeau d’un oiseau est un signe soit de respect soit de grande allégeance.
Même à l’église, on amène ses oiseaux pour les vêpres et la prière et les ecclésiastiques eux aussi entretenaient équipage de chasse.
Il n’était pas rare qu’un curé ou évêque avait perchoir derrière l’autel.
Les gallois ont réputation d’être de grands fauconniers et leur pèlerins sont très recherchés dans toutes l’Europe.
Les autours nordiques et germaniques, pour leurs tailles et leur force fond l’objet d’âpres négociations.
Les gerfauts surtout s’ils sont blancs ont beaucoup de valeur et sont réservés aux plus grands de ce monde.
On est allé jusque dans les pays nordiques pour acquérir des oiseaux de fortes tailles.
On les choyait et grande était la responsabilité des maître d’équipage car les oiseaux devaient être en mesure d’aller en chasse sur ordre du seigneur.
Ils font l’objet de joutes et de défis ; ils sont source de prestige
Les réputations de tel ou tel équipage fait que l’on est fièr de les inviter à une chasse organisée.
Le savoir faire au même titre que ceux des chevaliers est preuve de noblesse sinon d’argent au moins de cœur et d’âme si bien que seront appelés hobereaux du nom de leurs faucons les gens de basse noblesse n’ayant pas les moyen d’équipage de prestige.
Les chasse sont prévues à l’ avance et font objet de joutes oratoires sur le courage de tel oiseau ou l’exploit de tel équipage ; il font aussi, l'objet de défilé de beauté et sont reconnus de valeur, les ouvrage sur chaperons, jets, gants et sonnettes
Des artisans sont sollicités pour faire meilleur ouvrage, toute une économie entoure la fauconnerie, on emploie des piégeurs pour entraîner sur gibier d’escape les oiseaux d’équipage etc.


Les oiseaux sont pris au nid puis choyés et affaités, les meilleurs font l’objet d’enchères et donnent prestige et deniers à leur fauconnier.
La charge de toute un équipage bas vol et haut vol compris, coûte cher et emploie beaucoup de personnel du maître d’équipage aux soigneurs.
Pour chaque usage sont employés des oiseaux différents, de plus chaque journée organisée est moyen de montrer sont rang et le faste qui va avec ; c’est aussi l’occasion de fêtes et de rencontres galantes où l’on fait rencontres et prend contacts de nobles familles à nobles familles.
Certains seigneurs exigent d’avoir leurs plus beaux oiseaux avec eux en couche comme au banquet.
Toute la société médiéval vit au travers de l’art du vol.
Avec la renaissance et la monarchie absolue l’art du vol devient privilège et seuls les nobles vont entretenir équipage. Le peuple lui n’a plus accès à ce type de chasse.


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