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 Le Livre de chasse de Gaston Fébus

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Victoire.

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MessageSujet: Le Livre de chasse de Gaston Fébus   Ven 14 Fév 2014 - 12:46

Le Livre de chasse est un livre de vénerie composé entre 1387 et 1389 par Gaston Fébus (1331-1391), comte de Foix et vicomte de Béarn et dédié à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne.
Il est considéré comme un ouvrage de référence.

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Victoire.

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MessageSujet: Re: Le Livre de chasse de Gaston Fébus   Ven 14 Fév 2014 - 12:46

Tugdual_de_Joncheray a écrit:
Citation :
Prologue

C'est du troisième office, dont je doute d'avoir eu nul maître, si vaniteux que cela semble, que je voudrais parler, c'est-à-dire de la chasse, et je traiterai par chapitres de toutes les espèces de bêtes que l'on chasse communément, de leurs manières et de leur vie [...] Et je parlerai premièrement des bêtes douces qui viandent, parce qu'elles sont plus gentilles et plus nobles : et premièrement du cerf et de toute sa nature, secondement du renne et de toute sa nature, troisièmement du daim et de toute sa nature.



1/18

Citation :
Du cerf et de toute sa nature

C'est bonne chasse que du cerf, car c'est belle chose que bien quêter un cerf et belle chose le détourner, et belle chose le laisser courre, et belle chose le chasser, et belle chose le rechasser, et belle chose les abois, soit sur eau, soit sur terre, et belle chose la curée, et belle chose bien l'écorcher, bien le dépecer et lever les droits, et belle chose et bonne la venaison. Et c'est belle bête et plaisante, si bien qu'à tout considérer, je tiens que c'est la plus noble chasse à laquelle on puisse se livrer.



2/18

Citation :
Du renne et de toute sa nature

Le renne est une bien étrange bête [...] Premièrement sa tête est bien singulière, car il l'a plus grande et plus chevillée que le cerf et porte bien quatre-vingts cors et parfois moins, selon qu'il sera vieux et grand renne. [...] Quand on le chasse, il fuit peu, à cause de la grande charge qu'il a sur la tête, mais tantôt il s'accule à un arbre pour que rien ne le puisse aborder que devant, et il courbe la tête vers le sol.



3/18

Citation :
Du daim et de toute sa nature

Le daim [...] n'a point le poil comme le cerf, car il y a plus de blanc, ni la tête non plus. Il est plus petit que le cerf et plus grand que le chevreuil. Sa tête est paumée de longue ramure et porte plus de cors que celle d'un cerf. [...] Quand les chiens les chassent, ils tournent dans leur pays et ne font pas aussi longue fuite que le cerf, car ils esquivent les chiens plusieurs fois; mais ils fuient très longtemps et toujours, s'ils peuvent, en suivant les chemins, et toujours avec le change.



4/18

Citation :
Du bouc et de toute sa nature

Des boucs il y a deux manières : les uns s'appellent boucs sauvages et les autres boucs isards. Les boucs sauvages sont bien aussi grands de corps qu'un cerf, mais ils ne sont pas si longs ni si hauts en jambes, bien qu'ils aient autant de chair. [...] Ils ne jettent ni ne muent leurs têtes et n'ont point de meules comme les cerfs ou autres bêtes. [...]Les autres boucs isards [...]sont beaucoup plus petits, car ils ne sont guère plus grands qu'un bouc privé. Leurs natures et vies sont comme celles d'un grand bouc sauvage.



5/18

Citation :
Du chevreuil et de toute sa nature

Il n'y a point de saison pour la chasse au chevreuil, car il ne porte point de venaison, mais on doit renoncer à chasser les femelles, afin de ne pas perdre les faons dont elles sont prises, jusqu'à ce qu'elles aient faonné et que leurs faons puissent vivre sans elles. C'est bonne chasse, car elle dure toute l'année et ils font bonne fuite et plus longue que ne fera un grand cerf en pleine saison. [...] La chair du chevreuil est la plus saine qu'on puisse manger de bêtes sauvages.



6/18

Citation :
Du lièvre et de toute sa nature

Le lièvre fuit de diverses manières, car certains fuient tout droit, tant qu'ils peuvent tirer, une ou deux lieues, puis ils fuient et refuient sur eux-mêmes et s'arrêtent quand ils n'en peuvent plus; et ils se font prendre, sans que de tout le jour on les ait vus, la première fois qu'ils ressautent, parce qu'ils sont à bout de forces. D'autres fuient un peu et puis demeurent et font cela bien souvent, et puis prennent leur fuite si loin qu'ils peuvent pour mourir. D'autres enfin se font prendre en leur gîte même.



7/18

Citation :
Du lapin et de toute sa nature

Et qui veut avoir bonne garenne de lapins doit les chasser deux ou trois fois la semaine avec des épagneuls qui s'appellent chiens d'oiseaux, et les faire enclore; car autrement ils vident volontiers le pays, si on ne les tient toujours près de leurs clapiers ou terriers [...] On les prend comme les lièvres et aussi aux furets, quand ils sont dans leurs terriers. La chair du lapin est meilleure et plus saine que celle du lièvre, car celle du lièvre est mélancolique et sèche, plus que celle du lapin.



8/18

Citation :
De l'ours et de toute sa nature

Les ours sont de deux conditions : les uns grands de leur nature, et les autres petits de leur nature, même s'ils sont vieux. Toutefois, leurs moeurs, vies et conditions sont identiques, mais les grands sont les plus forts et mangent parfois des bêtes privées. Ils sont merveilleusement forts par tout le corps, sauf la tête qu'ils ont si faible que, s'ils y sont frappés, ils restent tout étourdis; et s'ils y sont fortement frappés, ils meurent.



9/18

Citation :
Du sanglier et de toute sa nature

Ils ont quatre dents : deux en la barre de dessus et deux en la barre de dessous; je ne parle pas des petites qui sont comme celles d'un autre porc. Les dents de dessus ne lui servent à rien qu'à aiguiser celles de dessous et à les rendre tranchantes; et celles de dessous s'appellent les armes ou limes du sanglier, avec quoi il fait le mal. Celles de dessus s'appellent grès [...]
C'est tout au plus si un sanglier vit vingt ans. Il ne change jamais ses dents ni ne les perd, si ce n'est par suite d'un coup.



10/18

Citation :
Du loup et de sa nature

Le loup est assez commune bête [...] Il va communément quérir sa vie la nuit, parfois le jour, quand il a grand faim, et il y en a qui chassent les cerfs, sangliers et chevreuils et sentent autant que des mâtins; et ils prennent des chiens tant qu'ils peuvent. Il y en a qui mangent les enfants et parfois les hommes, et après qu'ils se sont acharnés aux hommes, ils ne mangent nulle autre chair, mais se laisseront plutôt mourir : on les appelle loups-garous, car on doit s'en garder.



11/18

Citation :
Du renard et de toute sa nature

Le renard [...] vit de toutes vermines, de toutes charognes et ordures; mais sa meilleure nourriture et celle qu'il préfère, ce sont gélines et chapons, canes et oies, petits oiseaux sauvages quand il les trouve à point, papillons, grillons, lait, fromage et beurre. Ils font grand dommage aux garennes de lapins et de lièvres, qu'ils prennent et mangent volontiers par leur grande subtilité et malice et non pas à la course. Il y en a qui chassent comme les loups, d'autres qui ne vont qu'aux villages quérir leur proie.



12/18

Citation :
Du blaireau et de toute sa nature

Le blaireau ou taisson [...] demeure volontiers dans la terre ou, s'il en sort, ce n'est guère loin de ses fosses. Il vit de toutes vermines et charognes et de tous fruits et d'autres choses, comme le renard, mais il n'ose pas tant s'aventurer de jour, car il ne sait ni ne peut fuir. Il vit plus de sommeil que d'autre chose. Ils font leurs petits une fois l'an, comme les renards et, comme eux, dans les fosses. Quand on les chasse, ils se défendent fort et ont la morsure venimeuse comme le renard.



13/18

Citation :
Du chat et de toute sa nature

Le chat est assez commune bête [...] Toutefois, il y a diverses espèces de chats sauvages : spécialement il y en a qui sont grands comme des léopards, et on les appelle tantôt loups-cerviers, tantôt chats-loups; et c'est mal dit, car ils ne sont ni loups-cerviers ni chats-loups. Il vaudrait mieux les appeler chats-léopards qu'autrement, car ils ont plus de traits communs avec le léopard qu'avec aucune autre bête.



14/18

Citation :
De la loutre et de toute sa nature

La loutre [...] vit de poissons et demeure autour des rivières, viviers et étangs; elle mange aussi parfois des herbes des prés, quand elles sont tendres. [...] Elle nage à la surface des rivières ou par-dessous, quand il lui plaît, et ainsi nul poisson ne lui peut échapper s'il n'est pas trop grand. [...] La loutre a mauvaise morsure et venimeuse aussi, et se défend bien de toutes ses forces contre les chiens. Et quand elle est prise dans les cordes et filets, si on n'arrive tôt, elle rompt les cordes avec ses dents et se délivre.



15/18

Citation :
Comment le bon veneur doit chasser et prendre le cerf avec force

Le veneur doit avoir de gros houseaux de cuir épais pour le préserver des épines et des ronces des bois, et il doit être vêtu de vert en été pour le cerf, et pour le sanglier, en hiver, de gris, porter le cor au col, l'épée au flanc, et le couteau à dépecer de l'autre côté. Il doit être bien monté de trois grands chevaux et tenir de sa main gantée l'estortoire, qui est une baguette de deux pieds et demi de long.



16/18

Citation :
Ci devise comment on doit chasser et prendre l'ours

Et quand le veneur voudra chasser l'ours, le meilleur et le plus sûr est d'aller en quête avec son limier, car à l'oeil il dépasserait trop souvent les routes, alors que le chien sent en bien plus de lieux qu'il n'en pourrait voir. Et s'il n'a point de limier, il faut qu'il quière l'ours en tirant au hasard, ainsi que l'ai dit du daim et du chevreuil. Et comme j'ai dit plus haut de sa nature et de ses mangeures, il doit aller en quête selon les temps où il les fait.



17/18

Citation :
Ci devise comment on doit chasser et prendre le sanglier

Et quand le veneur voudra chasser le sanglier et qu'on l'aura laissé courre, il ne doit pas laisser courre tous ses chiens, car un sanglier fuit bien longuement et en tue et blesse un certain nombre, et, s'il n'avait pas de chiens frais et nouveaux, il pourrait manquer de le prendre. Il doit donc établir deux ou trois relais. Le veneur doit chevaucher en suivant ses chiens de près; et s'il veut, quand il est à cheval, porter un épieu dans sa main, il a bien raison, encore que ce soit plus belle chose et plus noble de frapper le sanglier de l'épée.



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MessageSujet: Re: Le Livre de chasse de Gaston Fébus   Ven 14 Fév 2014 - 12:47

Tugdual_de_Joncheray a écrit:
Citation :
L'Art de chasser avec les oiseaux

Citation :
Rapaces de chasse

Pour identifier un oiseau, il faut se fonder sur la couleur des plumes, sur la taille, la longueur relative de la queue et des ailes, sur les manières de voler. Bien qu'attentifs à ces éléments, les traités font appel à d'autres critères telle la manière dont l'oiseau tue le gibier et revient vers le fauconnier. Aussi est-il délicat d'identifier les différentes espèces de rapaces de chasse représentées dans les miniatures. Des différences de forme permettent toutefois de distinguer les faucons des éperviers et des autours.



1/30

Citation :
Oiseaux de haut-vol

Tous les faucons sont des oiseaux de haut-vol car s'élevant en altitude avant de fondre sur leur proie. Leurs ailes présentent une forme propre à frapper l'air avec force et fréquence ; elles ne sont pas échancrées et se terminent en pointe adoucie. Quand les oiseaux sont au repos, les ailes fermées des faucons atteignent plus ou moins le bout de la queue sauf celles du gerfaut qui s'arrêtent au milieu de la queue. L'oeil est noir et le bec possède une dentelure caractéristique dont l'oiseau se sert pour tuer sa proie.



2/30

Citation :
Les faucons de Frédéric II

Le traité de Frédéric II énumère un certain nombre de faucons utilisés pour la chasse au vol. En premier lieu vient le gerfaut (que les scientifiques appellent Falco rusticolus), que l'on distingue par son plumage plus clair. C'est le plus grand et aussi le plus prestigieux car il provient des terres de Scandinavie. Tout aussi prisé est le faucon sacre (Falco cherrug), d'origine asiatique.



3/30

Citation :
Les faucons de Frédéric II

Le rapace le plus utilisé est le faucon pèlerin (Falco peregrinus) que l'on dit "gentil" c'est-à-dire noble. On compte encore le faucon lanier (Falco biarmicus) très répandu dans l'Europe médiévale et qu'on ne rencontre plus aujourd'hui que dans les régions accidentées au climat sec et chaud du pourtour méditerranéen.
Deux autres faucons de petite taille sont également évoqués : le faucon émerillon (Falco columbarius), et le faucon crécerelle (Falco tinnunculus).



4/30

Citation :
Se procurer des oiseaux

La reproduction des faucons en captivité est rare, il faut les prendre au nid (ou aire) : c'est le "désairage", procédé qui requiert de repérer les nids et d'attendre l'éclosion des oeufs pour prendre les poussins juste avant leur premier envol. Lorsqu'il s'agit de faucons pèlerins nichant dans les falaises, le fauconnier doit s'aventurer dans des zones rocheuses et se laisser descendre en rappel à l'aide de cordes. On peut également capturer des faucons adultes à l'aide de filets, de lacets ou d'autres pièges. Il faut faire preuve de beaucoup d'adresse lorsque l'oiseau vient se percher la nuit, dans un arbre ou sur des rochers.



5/30

Citation :
Premier contact avec l'homme

Les fauconniers médiévaux préfèrent capturer de jeunes oiseaux, plus faciles à dresser que les adultes. Une fois pris, les oiseaux sont mis dans un bâtiment, sorte de tour appelée encore "mue" ou "fauconnerie". Dans cette bâtisse construite à l'écart, a été aménagée une aire artificielle dans une chambre ouverte de trois côtés, pourvue de bassins d'eau et de perchoirs. C'est là que les jeunes faucons désairés, en état de voler, vont et viennent, apprennent le contact direct avec l'homme.



6/30

Citation :
Premières phases du dressage

Avant de débuter le dressage proprement dit, l'oiseau doit être pourvu de son "armement" : des jets, fixés aux pattes, qui permettront au fauconnier de mieux tenir l'oiseau sur son poing. Avec "l'affaitage", une relation particulière s'instaure entre le rapace et son maître. Tout en respectant le mode de vie de l'oiseau, le fauconnier lui fait abandonner son agressivité sauvage et renforce son courage pour l'inciter à chasser des gibiers plus grands qu'il ne le ferait en liberté.



7/30

Citation :
Premières phases du dressage

Tous les traités de chasse médiévaux insistent sur l'affaitage qui requiert de la part du fauconnier amour des oiseaux et attention continue. Car celui-ci va partager nécessairement une grande partie des fatigues auxquelles il soumet l'oiseau, le portant continuellement jour et nuit, sans lui permettre un seul instant de repos. Il s'agit de vaincre la résistance de l'oiseau : de "l'abaisser". La méthode peut paraître "dure" : c'est par épuisement, en jouant sur la faim et la fatigue, que le fauconnier tente d'obtenir un début de soumission.



8/30

Citation :
Le "cillage"

Pour aider l'apprivoisement, le calmer, l'habituer plus rapidement à la présence de l'homme et à lui faire accepter sa compagnie, l'oiseau est "cillé". Le procédé consiste à faire passer un fil au travers des paupières inférieures et le nouer au-dessus de la tête, afin de les maintenir levées, privant ainsi le faucon de la vue. Desserré peu à peu, le fil ouvre progressivement à la pleine lumière : le faucon est alors "décillé". Un autre procédé, le chaperon, est mentionné par Frédéric II dans son traité. Dès que l'oiseau se laisse couvrir et découvrir la tête du chaperon, le dressage pour la chasse peut commencer.



9/30

Citation :
Calmer l'oiseau

Il arrive qu'il soit nécessaire "d'éclisser" le faucon pour le "mettre en amitié" : le fauconnier s'emplit la bouche d'eau qu'il pulvérise sur la poitrine (que l'on appelle "buffet" en fauconnerie) de l'oiseau afin de le calmer lorsqu'il s'agite ou se défend trop. Dans les premiers temps du dressage, le fauconnier doit manipuler l'oiseau avec précaution et douceur, celui-ci s'effarouchant vite.



10/30


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MessageSujet: Re: Le Livre de chasse de Gaston Fébus   Ven 14 Fév 2014 - 12:48

Tugdual_de_Joncheray a écrit:
Citation :
"Sauter le poing"

Dès que le faucon donne des signes de docilité, le fauconnier l'incite à "sauter le poing" pour y chercher une "beccade", de petits morceaux de viande. Frédéric II ne fait qu'appliquer avant la lettre, le principe du conditionnement décrit par Pavlov, en "stimulant" l'oiseau.



11/30

Citation :
"Prendre le pât"

Une première étape de l'affaitage est achevée quand l'oiseau s'est habitué à son dresseur : prenant le "pât" c'est-à-dire sa nourriture tranquillement à la main du fauconnier. Le faucon est alors prêt pour "être introduit" c'est-à-dire pour l'habituer à vivre au contact des hommes et des bêtes dans des lieux les plus divers.



12/30

Citation :
"L'introduction au vol"

Le fauconnier commence par des exercices simulant la chasse proprement dite. L'oiseau apprend à revenir sans hésiter à son rappel, un cri particulier lancé par le fauconnier qui déclenchera le réflexe du retour immédiat du faucon au maître. L'entraînement se poursuit sur un "gibier d'escap" : c'est une proie vivante (pigeon, grue...) aux mouvements handicapés pour que le rapace s'enhardisse à la saisir et apprenne à faire prise dans toutes les positions. Le fauconnier choisit généralement le type d'oiseau à chasser plus tard : le faucon est ainsi spécialisé - "créancé" - dans le vol d'un gibier déterminé.



13/30

Citation :
Dernière étape du dressage

L'affaitage s'achève en habituant l'oiseau à la compagnie des chevaux et des chiens. Les chiens sont utilisés en fauconnerie pour repérer et lever le gibier, pour aussi porter secours au faucon et l'aider à immobiliser sa proie lorsque celle-ci est importante. Une fois le faucon "assuré", c'est-à-dire volant librement et revenant sans hésitation au rappel du fauconnier, vient alors le premier vol "pour bon", moment toujours critique et déterminant dans l'attente du retour du faucon.



14/30

Citation :
Le mobilier

Les oiseaux ne sont pas laissés en liberté dans la fauconnerie mais installés sur des perchoirs ou "perches" en bois auxquels ils sont attachés. Il en existe de plusieurs types : des perches hautes et basses.



15/30

Citation :
Le "bloc"

C'est un autre type de perchoir : bloc de pierre ou de bois, surmonté d'un plateau rond revêtu de cuir ou de feutre car les faucons ont besoin pour se reposer d'étendre leurs doigts appelés "mains" en fauconnerie. Il est complété d'un pieu à anneau pour attacher la longe.



16/30

Citation :
Le "bloc" au jardin

Le bloc peut être déplacé à l'extérieur du bâtiment de la fauconnerie, dans la cour pour faire prendre le soleil à l'oiseau.



17/30

Citation :
La mue

Une fois par an, les faucons renouvellent leur plumage. La "mue" a lieu au printemps et en été. Pendant cette période, l'oiseau ne peut pas voler, il est mis "en mue", dans une pièce réservée à cet effet : là, le fauconnier veille attentivement sur l'oiseau, sur sa nourriture, sur la repousse des plumes. C'est effectivement un moment délicat : toute plume froissée, cassée ou mal venue aura des incidences fâcheuses sur le vol de l'oiseau. Un plumage parfait est une des conditions essentielles pour une bonne chasse.



18/30

Citation :
Un homme accompli

Être fauconnier exige des qualités physiques et morales variées. Certaines sont communes à tout chasseur : posséder une bonne santé, être adroit, avoir des sens parfaitement exercés. D'autres sont particulières au fauconnier : sobriété, patience, bonne odeur (hygiène) et bonne mémoire. Dans son traité, Frédéric II en brosse même le profil physique : de taille moyenne, la vue perçante, l'ouïe aiguisée et habillé de façon neutre. Le fauconnier médiéval fait ainsi figure d'homme accompli.



19/30

Citation :
Des qualités physiques

Avoir de la voix se révèle souvent nécessaire pour se faire entendre des oiseaux. Entraîné au loin, l'oiseau peut être perdu de vue et il s'agit alors de le retrouver. Par ailleurs, il n'est pas rare que le faucon "aille au change" c'est-à-dire qu'il soit distrait du gibier par une autre proie plus facile. Il faut agir très vite. La chasse au vol se confondant souvent avec la chasse en rivière, savoir nager est obligatoire pour rechercher les faucons égarés.



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MessageSujet: Re: Le Livre de chasse de Gaston Fébus   Ven 14 Fév 2014 - 12:49

Tugdual_de_Joncheray a écrit:
Citation :
Le port de l'oiseau

Savoir porter l'oiseau n'est pas indifférent. Dans le monde aristocratique médiéval, la manière de porter son oiseau dénote la bonne (ou mauvaise) "éducation" des individus. Si Frédéric II estime qu'il faut pouvoir porter les faucons de la main droite comme de la main gauche, il semble cependant, qu'en Occident, la règle ait été de porter à gauche, libérant ainsi la droite pour nourrir l'oiseau, le redresser si besoin, et tout simplement monter à cheval.



21/30

Citation :
Le "jet" et la façon de l'attacher

Les jets sont de petites courroies de cuir fixées aux tarses de l'oiseau et qui sont tenues en main par le fauconnier ou fixées à la longe.



22/30

Citation :
La longe et les sonnettes

La longe est la seconde pièce essentielle de l'équipement du faucon. Nouée aux anneaux des jets, elle est solidement liée à la perche ou au bloc où l'oiseau est posé.
S'ajoutent les sonnettes, petits grelots attachés aux tarses de l'oiseau par une lanière de cuir. Par leur son, le fauconnier peut suivre plus facilement les allées et venues de son oiseau et le localiser lors des parties de chasse.



23/30

Citation :
Le chaperon

C'est une petite coiffe en cuir souple qui couvre la tête du faucon pour le calmer durant l'affaitage, pour contrôler l'agressivité de l'oiseau lors des déplacements, pour également le préparer à la chasse. Le chaperon sur la tête, le faucon est plongé dans l'obscurité et demeure tranquille ; la coiffe enlevée, l'oiseau voit immédiatement la proie et vole mieux.



24/30

Citation :
Le gant et le "tiroir"

Le gant protège la main et l'avant-bras gauche du fauconnier qui, de l'autre, tient le "tiroir", une aile ou une patte d'oiseau peu charnue où le faucon peut mordiller, le faisant ainsi tenir tranquille lors des transports ou des manipulations.



25/30

Citation :
La gibecière

L'équipement du fauconnier se complète d'un sac appelé encore "gibecière" ou "fauconnière", pendu à sa ceinture, lui permettant d'emporter les morceaux de viande dont il récompensera l'oiseau. Assez large, elle doit être maniable d'une seule main.



26/30

Citation :
Le "maillolet"

Pour être aisément transporté, le faucon est enserré dans le "maillolet", sac de lin maintenant les ailes et les pieds et ne laissant passer que la tête et l'extrémité de la queue.



27/30

Citation :
Soins quotidiens

Chaque jour, on "jardine" les oiseaux : on les fait sortir dans la cour de la fauconnerie pour qu'ils s'ensoleillent en attendant leur nourriture. Et rien de tel qu'un bain pour lutter contre "les effrois et les débas du faucon", contre également les parasites (teignes, poux, vers) et les maladies (notamment le mal du "podagre" qui affecte les pieds de l'oiseau).



28/30

Citation :
Préparation de la nourriture

Les faucons nécessitent un régime alimentaire adapté pour être maintenus dans une condition de chasse adéquate : des volailles, notamment du poulet, plutôt que de la viande rouge, des oeufs, du lait, du fromage le cas échéant. Le régime varie dans l'année et selon les activités. Ainsi le faucon est-il davantage nourri en temps de mue, de même qu'en hiver. En revanche la veille de parties de chasse, l'oiseau doit être "abaissé" : sa ration est réduite, il est mis à jeûner.



29/30

Citation :
Les gibiers chassés

Oiseaux de rivière pour les plus grands des faucons (gerfaut, lanier, sacre, pèlerin), oiseaux des champs pour les plus petits des rapaces tel l'émerillon.
Les grands échassiers tels que les grues et les hérons et les palmipèdes tels les oies et canards constituent le gibier principal. Ces chasses sont très réputées mais ne sont pas sans quelque risque pour le faucon, compte tenu de la taille de ces gibiers. A ce tableau il faut ajouter la perdrix, le faisan, la caille ou encore le lièvre.



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